Nicole* et Bruno*, et leurs parents vieillissants

Nicole et Bruno ont maintenant dépassé la soixantaine. Ils voient arriver avec satisfaction une retraite bien méritée après des carrières bien remplies. Une préoccupation toutefois pour eux deux : ils ont encore 3 de leurs 4 parents et ils sont seuls à pouvoir s’en occuper, Nicole étant fille unique et les frères de Bruno habitent à l’autre bout de la France.

Leurs parents vieillissants – perte de mémoire, petits incidents dans la vie quotidienne, une ou deux chutes, heureusement sans gravité jusqu’à présent – les petits signes avant-coureurs se multiplient et la question de la dépendance commence à se faire sentir. Un souci, de taille bien évidemment, d’autant qu’aucun des trois de leur parents ne manifeste le désir d’aller « s’enfermer dans un mouroir » comme ils disent.

Résultat : la pression sur Nicole et Bruno devient de plus en plus forte et le temps de retraite dont ils croyaient pouvoir disposer pour eux-mêmes se transforme en une série de visites, gestion de la logistique quotidienne pour maintenir leurs parents respectifs dans leur domicile.

Des discussions avec leurs amis, confrontés pour certains d’entre eux à la même situation ne les rassurent pas. Certains de leurs amis employant le mot « corvée » quand ils visitent leurs parents. Nicole et Bruno ne veulent pas en arriver là, ni rompre les liens d’affection profonds qu’ils ont avec leurs parents en imposant une « solution » que leurs parents ressentiraient comme « non négociable ».

Alors ils se questionnent.

Conscients que les choses ne vont pas aller en s’améliorant, et en même temps désireux de réussir cette phase délicate de transition, ils décident de consulter un Conseiller Conjugal et Familial (le sujet concernant tout autant la famille que le couple).

De rendez-vous en rendez-vous, la situation de chacun des parents prend une autre dimension, d’autres aspects sont partagés, les choses s’éclairent et les paroles peuvent être échangées librement et en toute franchise.

Nicole et Bruno se sentent désormais en mesure d’aborder beaucoup plus sereinement cette étape de vie de leurs parents, et plus apaisés pour aller en parler avec eux.

Après plusieurs conversations au cours desquelles sont partagés les besoins de chacun, les aînés comprennent et acceptent qu’ils ne peuvent dépendre exclusivement de leurs seuls enfants pour la gestion quotidienne.  Sans rompre les liens d’affection, les solutions mûrissent peu à peu, apportant à chacun sérénité et soulagement.

* : prénoms d’emprunt

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